Entries from février 2008
HAYDEN
In Field & Town
(Hardwood Records)

Véritable vétéran de la scène indie canadienne, Paul Hayden Desser a connu, depuis ses débuts en 1995, un parcours difficile. L’auteur-compositeur-interprète ontarien de trente-six ans a tout de même acquis un succès considérable auprès de la critique et le respect de nombreux fans, sans toutefois connaître la gloire auprès du grand public. Triste, puisque Hayden, qui possède un grand talent d’écriture et qui propose des mélodies renversantes, est probablement l’un des artistes les plus doués de sa génération. Il ne réinvente rien, mais a néanmoins le mérite d’être constant, sans tomber dans les clichés ou devenir ennuyant, et de rester près de ses racines folk, et ce, sans prétention. Il ne suit guère les tendances, mais son cinquième et plus récent opus pourrait attirer davantage l’attention et faire changer d’idée les plus coriaces. Car comme l’indique son titre, In Field & Town est un album contrasté, rythmé, voire coloré, et il est moins fragile et cru que ce à quoi Hayden nous avait habitué. Ce dernier a lui-même réalisé et mixé les douze titres de l’album, sur lequel les arrangements sont plus enrobés, notamment par des cuivres, et où sa voix, de plus en plus douce et planante, rappelle dorénavant celles de Patrick Watson ou même de Chris Martin. Bref, avec In Field & Town, on est à mille lieues du folk-grunge de Everything I Long For. (Julie BRUNET)
Publié dans le journal Quartier libre, vol. 15, no. 11, janvier 2008
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BLACK MOUNTAIN
In The Future
(Jagjaguwar)

Avec un nom comme Black Mountain et un leader également membre des Pink Mountaintops, il est facile de croire que l’on propose ici une carte postale pittoresque de la Colombie-Britannique. Le groupe, dont certains des membres travaillent pour un organisme venant en aide aux gens de la rue de Vancouver, ne révèle pas explicitement l’origine de son nom. On murmure sur Internet qu’il réfère à une grande quantité de haschisch. Ce n’est peut-être donc pas un hasard si In The Future, son second album, évoque un voyage psychédélique au plus profond des tripes, sur fond de stoner rock, quoique bien nuancé. Les voix, alternant entre celles de Steve McBean et de Amber Webber, se fraient un chemin parmi les guitares explosives et l’orgue ultra-présent. Les membres de Black Mountain se révèlent être de la vieille école, si bien que l’on peut se demander pour blaguer s’ils ont tendu l’oreille sur ce qui s’est fait en musique depuis les trente dernières années. S’agit-il d’une réinterprétation de rock classique des années 1970 ou d’une démarche authentique ? Chose certaine, le groupe fait habilement dans un style plutôt délaissé. Mais était-ce nécessaire de produire ce pastiche ? Une hybridation avec un style plus contemporain aurait sans doute paru ridicule, bien que davantage intéressante. In The Future est peut-être un titre ironique, mais il s’agit d’un album dense, bien rempli – l’un des titres excède même les seize minutes – et très bien livré. (Julie BRUNET)
Publié dans le journal Quartier libre, vol. 15, no.13, février 2008.
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RIVERS CUOMO
Alone : The Home Recordings of Rivers Cuomo
(Geffen)

Rivers Cuomo, le chanteur et guitariste du quatuor californien Weezer, en attendant de lancer un album avec son groupe, nous propose Alone : The Home Recordings of Rivers Cuomo. Dans cet opus, il a rassemblé une série d’enregistrements inédits réalisés entre 1984 et 2007, incluant la démo de la chanson « Buddy Holly ». Bien que Cuomo présente quelques enregistrements récents, dont la pièce « Little Dane », où l’accompagne le groupe canadien Sloan, la plupart des chansons ont été enregistrées avant la parution du premier album de Weezer, en 1994. D’autres étaient destinées à l’album Songs from the Black Hole, qui n’a jamais vu le jour.
Musicalement, Alone est un album plutôt inégal, mais néanmoins intéressant, puisqu’il représente la genèse du groupe de Cuomo et son évolution. Le style de Weezer y est évidemment très reconnaissable. On y retrouve un son plus brut et le résultat est parfois étrange et inachevé. Cela permet cependant de détacher les idées de Cuomo des derniers albums de Weezer, dont la réalisation plutôt commerciale a souvent été critiquée. Alone comprend tout de même quelques titres très accrocheurs, comme « Blast Off ! » et « Crazy One », ou encore de très ennuyants, comme « This Is the Way ». On peut toutefois se demander si cet opus, fort attendu par les fans et qui se veut un complément à la discographie du célèbre groupe, intéressera les profanes. (Julie BRUNET)
Publié dans le journal Quartier libre, vol. 15 no. 9, janvier 2008.
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Bravo à moi: je pense que c’est la première fois de ma vie que j’écris sur un blogue et que je ne me sens pas coupable car je devrais faire autre chose (travailler, dormir, faire de la musique, écrire les 125 pages de mon mémoire, etc.).
Je suis malade. Que faire de mieux?
Eh oui, voilà que, out of nowhere, ma grosse face est dans le Nightlife qui vient de sortir, que je n’ai pas vu car pas rendu encore à Verdun. En tout cas, pour ceux qui ne m’aiment pas, ça vous donne une bonne occasion de me trouer la face avec des punaises. Pour les autres, je doute que ça vous aide en quoi que ce soit.
C’est à ça que ça sert, l’exposure, s’il en est.
Donc, mon spot pour prendre des marches est démasqué. Oui, il m’arrive d’aller me promener au canal Lachine, pas loin d’ici, comme dans le film Borderline, sauf que je le faisais avant que ça sorte. Après, je vais me chercher un bon chocolat chaud au marché Atwater. Ça fait partie de mes petits plaisirs.
Vous n’avez pas gobé ça, n’est-ce pas? C’était toutt stagé. Jamais, jamais, je ne vais là.
Ça me rappelle que je n’ai jamais parlé ici des photos que Béatrice Martin, jeune artiste prometteuse, a prises de moi, il y a quelques mois. En voici quelques-unes:




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Saveur marmelade - Bombe au chlore / Dolce Vita
Final Records
www.saveurmarmelade.com
Après sa formation en 2000, Saveur Marmelade, un trio originaire de Saint-Jean-sur-Richelieu, a connu un parcours sinueux. Il nous propose un mini-album de deux chansons, Bombe au chlore et Dolce Vita. Saveur marmelade fait dans le rock garage, aux arrangements simples mais efficaces, cette fois avec harmonica, et aux paroles assez simples. L’enregistrement est d’une assez bonne qualité, mais la voix de Phil Lips, intéressante et versatile, mériterait d’être mieux mise en évidence. Inspiré par le rock et le grunge des années 1990, le groupe rappelle inévitablement les Vilains Pingouins et autres groupes québécois de cette même décennie, et parfois même Gwenwed ou les Breastfeeders, en moins léché. Productifs, les gars ont déjà fait paraître, début 2008, deux autres chansons, résolument plus rock. À quand un album? (Julie Brunet)
Publié dans le journal Bang Bang de février 2008
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Silje Nes – Ames Room
FatCat Records / Splinter Series
www.myspace.com/siljenes

Silje Nes n’est pas un groupe, c’est une multi-instrumentiste et chanteuse norvégienne qui propose, sur son premier effort Ames Room, un amalgame de rock acoustique parfois folk, de sonorités électroniques et de divers bidouillages. À travers quatorze courtes pièces qu’elle a habilement enregistrées d’elle-même, Silje Nes nous ouvre la porte de son univers de petite fille, très minimaliste, où les paroles sont souvent mises de côté et où sa délicate voix sert parfois d’instrument. Ames Room est un agréable collage, quoique difficile à saisir, souvent inégal bien que répétitif. La démarche de la jeune artiste semble intéressante, mais le résultat, plutôt ordinaire, fait preuve de peu de mordant. Une trame sonore toute douce, qu’il faut écouter les jours de pluie. (Julie Brunet)
Publié dans le journal Bang Bang de février 2008
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Laura Barrett – Earth Sciences
Paper Bag Records
www.myspace.com/laurabarrett

Une conteuse qui s’accompagne d’une boîte à musique, c’est à cela que ressemble Earth Sciences, un mini-album de six chansons que nous propose la musicienne torontoise Laura Barrett, aussi membre des Hidden Cameras. Cette jeune pianiste de formation, à la voix incroyablement habile, joue en fait du kalimba, un piano à pouces africain. Cette sonorité peu commune peut toutefois ennuyer à la longue, puisque l’instrumentation dépouillée (kalimba et voix) est exactement la même du début à la fin de l’album, à l’exception de la dernière pièce, qui est un remixe de Joshua Van Tassel. Mais l’univers de Earth Sciences, teinté de science-fiction et de cynisme, paraît tellement singulier, un peu à la Final Fantasy, qu’il vaut la peine d’être découvert. (Julie Brunet)
Publié dans le journal Bang Bang de février 2008
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Born Ruffians – Red Yellow & Blue
Warp Records / Fusion 3
www.myspace.com/bornruffians
Born Ruffians, trio torontois qu’on a pu voir sur scène aux côtés de Caribou et de Hot Chip, et qui avoue craindre la «hype» comme la peste, nous présente Red Yellow & Blue. Produit par Rusty Santos (Animal Collective, Panda Bear), ce premier effort, touchant au punk folk, au punk, au rock et au country, rappelle vaguement les univers éclatés de Hefner, Flogging Molly ou de Violent Femmes. Sur Red Yellow & Blue, on entend des voix criardes et hystériques, des handclaps tout aussi frénétiques que les guitares et des chœurs qui frôlent le ridicule. Bien que le groupe ne réinvente rien et enfile les titres (qui se ressemblent) tels des cowboys hyperactifs, il semble bien s’amuser et le fait sans prétention. (Julie Brunet)
Publié dans le journal Bang Bang de février 2008
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The Old Soul – Gold
Grifter Music / Maple Music
www.theoldsoul.com

The Old Soul, c’est d’abord le multi-instrumentiste torontois Luca Maoloni, qui s’entoure d’une dizaine de musiciens sur son troisième album, duquel il est difficile de dire s’il s’agit d’une œuvre complexe ou d’un amoncellement de clichés. Proposant une pop psychédélique et orchestrale, très mélodique, Gold rappelle, de façon très inégale, Flaming Lips, ABBA, Animal Collective, et la Compagnie Créole. Autrement dit, du rock parfois western ou dansant, auquel se serait greffé du calypso, du clavecin, beaucoup de claviers et une tonne d’idées originales. Malgré son jeune âge, Maoloni a bien choisi son pseudonyme puisqu’il est influencé par The Mighty Sparrow, Steely Dan et même The Rutles. Il affirme que The Old Soul sonne comme The Old Soul. On ne lui fait pas dire. (Julie Brunet).
Publié dans le journal BangBang de décembre 2007
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Two-Minute Miracles – Volume IV-« The Lions Of Love»
Weewerk/Outside
www.twominutemiracles.com

Véritable coup de cœur, Two-Minute Miracles présente son quatrième album, un petit bijou de la trempe des Bright Eyes, Iron & Wine, The Decemberists, Wilco et autres prodiges folk-rock. Si l’on rigole en lisant leur bio, où on les qualifie de «Post-Pavement», on comprend tout de suite qu’il s’agit de l’un des groupes canadiens les plus solides et les plus intéressants qui soit. Volume IV est une mosaïque où l’on entend du folk langoureux, abrasif ou très clean, ou même orchestral, avec les cuivres et le piano. Mené par J. Andrew Magoffin, le quatuor de London, devenu collectif le temps de l’enregistrement, tient son nom du fait qu’il essaie de ne pas excéder la durée de deux minutes dans ses chansons. On en aurait pris davantage. (Julie Brunet)
Publié dans le journal BangBang de décembre 2007
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The Barmitzvah Brothers –Let’s Express Our Motives : An Album of Under-Appreciated Job Songs
Weewerk/Outside
www.thebarmitzvahbrothers.com

The Barmitzvah Brothers, quatuor originaire de Guelph, ont décidé d’adopter tout un concept pour leur cinquième album : faire l’apologie de différents métiers à travers les dix-neuf chansons de Let’s Express Our Motives, dont la pochette présente des suggestions de chansons pour les gens pressés, et dans laquelle on explique comment accorder un piano, et en quoi consistent certains de ces métiers. Musicalement, le groupe n’a pratiquement rien de klezmer, faisant dans le folk soit très minimaliste ou carrément épique, parfois même empreint de polka ou de rock n’roll. Le tout, bien mené et plutôt intéressant, mais peu accrocheur. Difficiles à décrire, les Barmitzvah Brothers sont peut-être les Tricot Machine ontariens, bien que leur naïveté, qui penche dangereusement vers le cynisme, rappelle davantage Belle and Sebastian. (Julie Brunet).
Publié dans le journal BangBang de décembre 2007
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Catégories : BangBang · Critique · Musique
DeFrancesco – DeFrancesco
Daq Music
www.daqmusic.com
Musicien chevronné, Sébastien DeFrancesco, alias DeFrancesco, nous présente un second album éponyme, en anglais cette fois. Entouré de musiciens de haut calibre (dont les acolytes de Dumas, Justin Allard et Vincent Rehel), il nous livre avec ferveur les treize titres hyper accrocheurs de cet opus fort solide, à la réalisation (un peu trop) impeccable. DeFrancesco propose toutefois des mélodies pop-rock légèrement clichées, mais qui demeurent ô combien efficaces, un peu à la Ryan Adams en plus propret, ou plus près de nous, Sam Roberts ou Vincent Vallières. Plusieurs titres, visiblement d’inspiration brit-pop, rappellent Keane, The Shins ou Ok Go. Le résultat, évidemment très commercial, ne plaira sans doute guère aux amateurs d’indie-rock sale, mais devrait néanmoins faire lever les foules, même les plus difficiles. (Julie Brunet)
Publié dans le journal Bang Bang de novembre 2007
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Sérotonic – Cycle
Indépendant
www.myspace.com/serotonicproject
Joyeux, le premier album de Sérotonic? Pas le moindrement, si l’on se fie aux cinq titres de Cycle. La formation montréalaise, menée par Gabriel Vignola et Sébastien Morasse, propose une pop mélancolique, planante, aux influences jazz, folk et électro. Débordant de riffs accrocheurs, d’ambiances riches et de bonnes idées mélodiques, le EP manque toutefois de direction. La solide et chaude voix de Cathy Sunderland se marie difficilement aux musiques et au spleen des textes de Vignola, si bien que l’on y croit plus ou moins. Il ne fait aucun doute que les musiciens de Sérotonic sont très solides, mais le résultat nous laisse un peu perplexes et est un peu trop «clean». Mention à la très belle pièce L’errance. Le 12 novembre au Zoobizarre. (Julie Brunet)
Publié dans le journal Bang Bang de novembre 2007
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Nicolas Bernier et Simon Trottier – Objet abandonné en mer
12 Rec
www.12rec.net

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’avec leur Objet abandonné en mer, Nicolas Bernier et Simon Trottier nagent à contre-courant. Alors que Montréal vibre au son de l’indie-rock, le duo, qui fusionne «bruitisme et mélodisme», aurait aisément trouvé sa place dans la vague post-rock d’il y a plus de cinq ans. Mais oubliez les envolées à la Godspeed. Les deux musiciens proposent une ambiance sonore minimaliste, calme, et entièrement instrumentale. La guitare acoustique est à l’avant-plan avec ses mélodies folk, ponctuées d’effets sonores parfois mordants mais souvent éthérés, évoquant un paysage brumeux, où la guitare se perd, mais finit toujours par revenir. Le résultat est des plus intéressants, avec une esthétique très «DIY», même si ce genre de musique est, avouons-le, plutôt hermétique. (Julie Brunet)
Publié dans le journal Bang Bang de novembre 2007
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Picastro – Whore Luck
Polyvinyl
www.picastro.net

S’il est difficile de traduire adéquatement le titre du troisième album du quatuor torontois Picastro, il est encore moins aisé d’en discuter. Qu’on le prenne littéralement ou non, il évoque la noirceur et le cynisme que l’on retrouve sur Whore Luck, un album «sleep-rock» auquel participent Owen Pallett (Final Fantasy) et Jamie Stewart (Xiu Xiu). Selon ses propres dires, la voix singulière de Liz Hysen est un instrument en soi, instrument qui se fond dans les ambiances lourdes comme un ciel avant l’orage, mais néanmoins réconfortantes, et le nombre impressionnant d’instruments, malgré les arrangements relativement dépouillés. On y retrouve de longs passages instrumentaux, où l’expérimentation est mise de l’avant, surtout avec les cordes. Whore Luck est un album complexe, mais pas compliqué, ou est-ce l’inverse. (Julie Brunet)
Publié dans le journal Bang Bang de novembre 2007
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