Ou plutôt en réponse à son billet sur Coeur de pirate, et surtout, en réponse aux réponses à son billet…J’avais mis fin aux entrées de blogue, mais je pense que je vais me limiter aux trucs musicaux, that’s it. Anyway, qui veut connaître mes activités anthropo-archéologiques ou mes derniers états d’ânesse.
Moi, ce qui me sidère, ce n’est pas que des journalistes ou des gens du public n’apprécient pas Coeur de pirate. Ça, c’est normal et c’est même plutôt sain qu’il n’y ait pas unanimité.
Par contre, je ne vois pas comment on peut affirmer que les propos d’un artiste sont insignifiants, dans ses chansons du moins. De quoi parle-t-on, dans une chanson ? De ses hauts, de ses bas, des travers du monde, on proteste, on raconte. That’s it, y’a pas 56 000 options, pour le propos du moins. Il y a la bonne façon de le raconter, mais quelle bonne façon? La façon que les détenteurs d’un bacc en journalisme ou d’une maitrise en anthropologie jugent convenable? Voyons donc. C’est de l’élitisme, tout ça. Tant qu’à faire, éradiquons la pop commerciale dans son ensemble, ou bien toute la musique qui ne nous touche pas ou que l’on ne comprend pas, ou que l’on pense trop bien comprendre, justement. Faut pas sombrer dans la médiocrité, mais demeurons sur terre. La musique, c’est trois accords. La langue, c’est notre coeur.
En passant, Marie-Hélène Poitras n’a signé aucun texte de Cœur de pirate, elle en a simplement inspiré un. Rien qui ne soit pas éthique, à mon avis, d’autant plus que la journaliste n’a jamais encensé cette dernière, à ma connaissance.
J’observe et j’analyse avec attention les réactions suscitées par les différents projets auxquels je participe depuis plusieurs années et le tout est…cruellement prévisible. Je n’aime pas répondre aux gens, mais des fois, c’est tellement gros…Ben oui, c’est précoce. Ben oui, c’est gentil. Ben oui, c’est hypé. Je comprends tout ça. Mais attention : blâmer la hype, c’est facile. Seriez-vous tout aussi indigné de la participation de Cœur de pirate aux Francofolies si personne n’en avait jamais parlé ? Si ses paroles étaient juste un peu plus hermétiques ? Si elle était un peu moins jolie ? Si elle était…barbue ?
Précisons que la hype, ce n’est pas le Québec tout entier. La hype, c’est une poignée d’individus qui atteint une autre poignée d’individus, quelques centaines de mélomanes déjà avertis, tout au plus. Croyez-moi, la hype, ça ne change pas grand chose. La hype, c’est…rien. Du vent. Ça souffle et ça passe, indépendamment de l’artiste.
Si je ne m’abuse, Francis Hébert avait été plutôt favorable à des artistes comme Carl-Éric Hudon ou Le husky, qui racontent la même maudite affaire que Béatrice Martin, mais de façon peut-être un peu plus singulière et enrobée (tout dépendant des chansons), et ce, avec, respectivement, 7 et 16 ans de plus que cette dernière pour jongler avec les mots. Pas si mal.
Bien des artistes que vous trouvez «respectables» s’entourent d’une aura de mystère, se cachent derrière une attitude taciturne ou une beurrée de dédain, une couche de crasse bien visible ou de broderies complètement superflues. Ça, selon moi, c’est insignifiant. Et faut pas gratter bien longtemps pour se rendre compte qu’on a affaire à des abrutis. Souvent, un verre suffit…(précision: je ne parle d’aucun de mes anciens projets, RESPECT à mes anciens projets, sincèrement).
C’est lorsque l’on a aucune attente, à mon avis, que l’on apprécie les choses «à leur réelle qualité».
Dans ce cas-ci, la tronçonneuse, j’ai l’impression que vous l’aviez déjà en main.
Pas à la hauteur…à la hauteur de quoi? De qui? D’un artiste qui a déjà une bonne dizaine d’années de métier? Naturellement.
C’est écrit où qu’il faut que la première partie éclipse la tête d’affiche? C’est écrit où qu’il faut avoir un album pour participer à un festival? Attaquez les programmateurs, pas les artistes…D’après ce que j’ai compris, l’idée derrière cette série de spectacles (qui s’intitule *Tendances*) était de placer un artiste de la relève en première partie d’un artiste établi, et non de porter aux nues une jeune artiste qui tente de prendre un peu d’expérience et de se faire une petite place dans ce milieu complètement débile. Où est le mal?
Ce n’est pas me perdre dans un élan de subjectivité que d’affirmer que CDP, peu importe l’emballage, l’accueil ou chépaquoi, ce sont d’abord de bonnes chansons, une bonne musicienne avec une jolie voix et un fort charisme. Comme pas mal tous les artistes avec qui j’ai collaboré.
Je suis moi-même plutôt cynique et sur mes gardes, surtout quand j’écoute une nouveauté. Je ne sais pas si Coeur de pirate m’aurait émue ou quoi que ce soit si j’avais été dans la salle pour l’entendre pour la première fois. Mais en tant que musicienne, je peux vous assurer que l’on joue pour le plaisir et pour les gens dans la salle, qu’ils aient de la farine ou je ne sais quoi dans les oreilles, et non pour les chialeux derrière leur ordi, les chialeux comme vous et moi (note à moi-même : ne l’oublions pas). Dans ce cas-ci, mission accomplie (ou farine bien compacte, me direz-vous).
Et à mon avis, avec le lot de morons qui pullule dans l’industrie, que ce soit sur scène, devant, derrière ou à côté, s’il fallait s’arrêter à qui mérite sa place ou pas, on écouterait du chant de grenouilles pour les vingt prochaines années des Francofolies.
Longue vie aux grenouilles! Longue vie à la critique!
Moi j’aime pas très les textes du Husky, mais j’aime bien tes billets sur l’anthro-archéologie.
Comme quoi, hein.
Je vais me partir un autre blogue, d’abord.
moi je t’aime julie.
Moi j’aime le café.
moi je trouve surtout que tu n’es pas très objective pour faire toute critique/analyse de ces commentaires…
Juge et partie ça te dit quelque chose?
Coeur de pirate n’est pas mon projet. Pas plus que Le husky ou whatever. Votre cher Francis Hébert a quand même plusieurs amis musiciens, ne l’oubliez pas. Peut-être devrait-on arrêter d’écrire sur toute chose avec laquelle on a le moindre rapport? Finalement, y’a juste le monde qui laisse des commentaires qui devrait pouvoir s’exprimer.
Je n’aurais certainement pas répondu à ces commentaires si ça avait été mon projet musical personnel. Je ne le fais pas très souvent, d’ailleurs.
Donc, peut-être que je ne suis pas complètement externe, mais pas impliquée corps et âme non plus.
Faudrait que je me ferme la gueule? Simplement parce que ça me concerne? On me dirait la même chose si je n’avais aucun rapport avec le projet. C’est sûr que de connaître un peu la démarche et l’artiste, versus vos commentaires, m’a poussé à réagir, davantage que si j’en avais aucune idée.
J’ai bien le droit d’écrire ce que je veux sur ce que je veux sur mon blogue. Je suis capable de reconnaître quand on fait un show de marde. J’ai jamais dit que CDP relevait de l’étincelle de génie non plus. Je suis très, très pour l’auto-critique, l’auto-dérision, peut-être un peu trop.
Faut pas lire mon blogue depuis très longtemps pour en douter.
Bien écrit, toujours aussi saine Julie. Petit ajout personnel sur la hype. C’est une saleté de phénomène qui nuit à l’artiste car détourne ce dernier de son intention première, la création personnelle. Sachant qu’un certain public observe désormais ses moindre faits et gestes, il hésite, recule et doute pour les mauvaises raisons. J’aime pas la hype, et j’aime encore moins les énervés qui la crée.
JP Villemure
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