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Throw Me The Statue / Moonbeams
Secretly Canadians / Sonic Unyon
www.myspace.com/throwmethestatue

Si vous êtes en manque de Malajube, vous pourriez vous contenter légèrement en écoutant Moonbeams, premier album de Throw Me The Statue. Formé par Scott Reitherman, le groupe fait dans la pop lo-fi très entraînante, rappelant parfois Of Montreal et même Beck. Throw Me The Statue vous décrochera sans doute un sourire, puisque son (long) album témoigne de l’habileté mélodique et de l’unicité du son du quintette de Seattle. Mais si le groupe déploie tout un arsenal d’instruments, allant des synthés aux boîtes à rythmes cheap, il manque toutefois de concision. Ses arrangements, pas toujours efficaces, font perdre l’essence de certaines pièces, devenues cacophoniques et truffées de bruitages inutiles. Malgré tout, les chansons demeurent excellentes, et avec un peu plus de profondeur sonore, Throw Me The Statue devrait tout arracher.
Par Julie Brunet
Publié dans le journal Bang Bang de mars 2008
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Sian Alice Group / 59.59
The Social Registry / Sonic Unyon
www.myspace.com/sianalicegroup

Il n’y a pas de demi-mesure avec le jeune collectif londonien Sian Alice Group. Sur son premier album, 59.59, on passe de la léthargie complète à la vivacité la plus totale. C’est que le groupe, souvent instrumental, plutôt expérimental, et faisant dans ce que l’on pourrait qualifier de shoegaze orchestral, alterne entre la douce voix aérienne de Sian Ahern, qui joue le rôle d’un instrument, et la lourdeur des rythmes répétitifs et des guitares entêtées. Sian Alice Group n’est pas sans rappeler Spiritualized, dont un des musiciens, John Coxon, a déjà collaboré avec le groupe. Les membres de Sian Alice Group produisent un mélange éclectique et rafraîchissant, bien que parfois difficile à déchiffrer, et il en ressort une certaine désinvolture, malheureusement surproduite et dépourvue de spontanéité.
Par Julie Brunet
Publié dans le journal Bang Bang de mars 2008
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Marco Benevento / Invisible Baby
Hyena Records / Fusion III
www.marcobenevento.com

Marc Benevento, jeune claviériste talentueux originaire du New Jersey, et membre du duo Benevento/Russo, présente son premier album solo, Invisible Baby. Entièrement instrumental, l’album de Benevento se trouve à mi-chemin entre l’indie-rock et le jazz, proposant des ambiances éclatées et de drôles de mixtures sonores, comme le mélange du Mellotron et du banjo. Naturellement, Benevento met à l’avant-plan les claviers, de même que la batterie, et s’est d’ailleurs entouré de musiciens chevronnés, dont le célèbre batteur Matt Chamberlain. Pas si lointaines des bidouillages de Thom Yorke ou de Ratatat, les huit longues pistes d’Invisible Baby témoignent de la virtuosité du musicien et de ses comparses, qui forment un véritable jam band, bien qu’ils ne semblent pas apprécier une telle étiquette.
Par Julie Brunet
Publié dans le journal Bang Bang de mars 2008
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Proof of Ghosts / Éponyme
Weewerk / Outside
www.myspace.com/proofofghosts
Proof of Ghosts est né en 2003, lors d’une panne qui a privé d’électricité cinquante millions de personnes en Amérique. Arrive enfin ce premier album éponyme, country-folk-rock, austère et aride comme le désert, mélangeant habilement banjo et instruments amplifiés. On peut y entendre tous les clichés du style musical, sans toutefois mettre le doigt sur la véritable essence du groupe. Il y a un léger côté pop rappelant The Replacements, il y a la grâce de Wilco, un peu de Calexico à cause des cuivres, de l’expérimentation, mais une esthétique assez vieux genre. Si l’album évoque un road trip au soleil, avec comme toile de fond la voix nasillarde de Steve Shoe, qui ressemble étrangement à celle de Michael Stipe, le voyage est plutôt plat, sans être désagréable pour autant.
Par Julie Brunet
Publié dans le journal Bang Bang de mars 2008
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Matthew Barber – Ghost Notes
Outside Music
www.matthewbarber.com
Enfant chéri du folk-rock canadien, le torontois Matthew Barber propose un second album intitulé Ghost Notes, qui devrait bien plaire aux fans de James Blunt, Jack Johnson, John Meyer, Sam Roberts et autres singer-songwriter à tendance folk faisant dans le easy listening, malgré les influences rock n’ roll et vieux folk du jeune chanteur. Plutôt inoffensif et sans grande surprise (à l’exception de la cocasse Sleep Please Come To Me), l’album, à la réalisation impeccable et aux arrangements très soignés, a évidemment un son très léché et commercial, sans pour autant paraître kitsch ou dépourvu d’intérêt. L’univers de Ghost Notes, loin d’être désagréable, est apaisant, un brin charmeur et tout de même spontané, à l’instar de Barber, du moins, c’est ce qu’il laisse croire (JB).
Par Julie Brunet
Publié dans le journal Bang Bang de mars 2008
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Experimental Aircraft / Third Transmission
Graveface Records
www.experimentalaircraft.com
Third Transmission porte magnifiquement son titre puisqu’il s’agit du troisième album du quatuor Experimental Aircraft, originaire d’Austin, et mené par la chanteuse et guitariste Rachel Stagg. Visiblement très ancré dans la musique des années 1990, le groupe, faisant dans le rock noisy-atmosphérique à tendance psychédélique, porte moins bien son nom puisqu’il affirme qu’il aurait fait un tabac en 1991 et se compare lui-même à The Pixies. Pas faux dans leur comparaison, mais pas fameux pour autant, Experimental Aircraft, malgré la disto, manque de mordant, peut-être en raison de la qualité sonore de l’enregistrement. Le groupe est visiblement solide et énergique, mais l’album, malgré les intentions progressives et expérimentales des musiciens, est linéaire comme tout et se présente comme un pain. On songe à Sonic Youth, évidemment, parfois à Interpol, et l’on se demande pourquoi un tel pastiche. Nostalgiques? (JB)
Par Julie Brunet
Publié dans le journal Bang Bang de mars 2008
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Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra & Tra-La-La Band / 13 Blues For Thirteen Moons
Constellation
www.tra-la-la-band.com

Le septuor montréalais Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra & Tra-La-La Band lance son quatrième album, 13 Blues For Thirteen Moons. Avec ses quatre longues pièces, qui sont précédées par douze courtes pistes se rejoignant et formant un long gémissement, SMZ propose, encore une fois sur cet album, une rencontre épique, sans être nécessairement progressive, entre le post-punk et le classique contemporain, avec des éléments de folk, et mélange les cordes, la guitare électrique et la voix d’Efrim Menuck. Sous le signe de l’intensité, de la douleur et des contrastes marqués, 13 Blues se veut très imposant et rebutant par son contenant, mais son contenu, à vrai dire, est plutôt bien livré et n’est pas plus difficile à déchiffrer et à apprécier que n’importe quel bon album de rock. Laissant planer le doute quant à sa démarche et son intention, SMZ fait peut-être éclater les paramètres du rock conventionnel, mais en 2008, on en a vu d’autres.
Par Julie Brunet
Publié dans le journal Bang Bang de mars 2008
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HAYDEN
In Field & Town
(Hardwood Records)

Véritable vétéran de la scène indie canadienne, Paul Hayden Desser a connu, depuis ses débuts en 1995, un parcours difficile. L’auteur-compositeur-interprète ontarien de trente-six ans a tout de même acquis un succès considérable auprès de la critique et le respect de nombreux fans, sans toutefois connaître la gloire auprès du grand public. Triste, puisque Hayden, qui possède un grand talent d’écriture et qui propose des mélodies renversantes, est probablement l’un des artistes les plus doués de sa génération. Il ne réinvente rien, mais a néanmoins le mérite d’être constant, sans tomber dans les clichés ou devenir ennuyant, et de rester près de ses racines folk, et ce, sans prétention. Il ne suit guère les tendances, mais son cinquième et plus récent opus pourrait attirer davantage l’attention et faire changer d’idée les plus coriaces. Car comme l’indique son titre, In Field & Town est un album contrasté, rythmé, voire coloré, et il est moins fragile et cru que ce à quoi Hayden nous avait habitué. Ce dernier a lui-même réalisé et mixé les douze titres de l’album, sur lequel les arrangements sont plus enrobés, notamment par des cuivres, et où sa voix, de plus en plus douce et planante, rappelle dorénavant celles de Patrick Watson ou même de Chris Martin. Bref, avec In Field & Town, on est à mille lieues du folk-grunge de Everything I Long For. (Julie BRUNET)
Publié dans le journal Quartier libre, vol. 15, no. 11, janvier 2008
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BLACK MOUNTAIN
In The Future
(Jagjaguwar)

Avec un nom comme Black Mountain et un leader également membre des Pink Mountaintops, il est facile de croire que l’on propose ici une carte postale pittoresque de la Colombie-Britannique. Le groupe, dont certains des membres travaillent pour un organisme venant en aide aux gens de la rue de Vancouver, ne révèle pas explicitement l’origine de son nom. On murmure sur Internet qu’il réfère à une grande quantité de haschisch. Ce n’est peut-être donc pas un hasard si In The Future, son second album, évoque un voyage psychédélique au plus profond des tripes, sur fond de stoner rock, quoique bien nuancé. Les voix, alternant entre celles de Steve McBean et de Amber Webber, se fraient un chemin parmi les guitares explosives et l’orgue ultra-présent. Les membres de Black Mountain se révèlent être de la vieille école, si bien que l’on peut se demander pour blaguer s’ils ont tendu l’oreille sur ce qui s’est fait en musique depuis les trente dernières années. S’agit-il d’une réinterprétation de rock classique des années 1970 ou d’une démarche authentique ? Chose certaine, le groupe fait habilement dans un style plutôt délaissé. Mais était-ce nécessaire de produire ce pastiche ? Une hybridation avec un style plus contemporain aurait sans doute paru ridicule, bien que davantage intéressante. In The Future est peut-être un titre ironique, mais il s’agit d’un album dense, bien rempli – l’un des titres excède même les seize minutes – et très bien livré. (Julie BRUNET)
Publié dans le journal Quartier libre, vol. 15, no.13, février 2008.
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RIVERS CUOMO
Alone : The Home Recordings of Rivers Cuomo
(Geffen)

Rivers Cuomo, le chanteur et guitariste du quatuor californien Weezer, en attendant de lancer un album avec son groupe, nous propose Alone : The Home Recordings of Rivers Cuomo. Dans cet opus, il a rassemblé une série d’enregistrements inédits réalisés entre 1984 et 2007, incluant la démo de la chanson « Buddy Holly ». Bien que Cuomo présente quelques enregistrements récents, dont la pièce « Little Dane », où l’accompagne le groupe canadien Sloan, la plupart des chansons ont été enregistrées avant la parution du premier album de Weezer, en 1994. D’autres étaient destinées à l’album Songs from the Black Hole, qui n’a jamais vu le jour.
Musicalement, Alone est un album plutôt inégal, mais néanmoins intéressant, puisqu’il représente la genèse du groupe de Cuomo et son évolution. Le style de Weezer y est évidemment très reconnaissable. On y retrouve un son plus brut et le résultat est parfois étrange et inachevé. Cela permet cependant de détacher les idées de Cuomo des derniers albums de Weezer, dont la réalisation plutôt commerciale a souvent été critiquée. Alone comprend tout de même quelques titres très accrocheurs, comme « Blast Off ! » et « Crazy One », ou encore de très ennuyants, comme « This Is the Way ». On peut toutefois se demander si cet opus, fort attendu par les fans et qui se veut un complément à la discographie du célèbre groupe, intéressera les profanes. (Julie BRUNET)
Publié dans le journal Quartier libre, vol. 15 no. 9, janvier 2008.
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Saveur marmelade - Bombe au chlore / Dolce Vita
Final Records
www.saveurmarmelade.com
Après sa formation en 2000, Saveur Marmelade, un trio originaire de Saint-Jean-sur-Richelieu, a connu un parcours sinueux. Il nous propose un mini-album de deux chansons, Bombe au chlore et Dolce Vita. Saveur marmelade fait dans le rock garage, aux arrangements simples mais efficaces, cette fois avec harmonica, et aux paroles assez simples. L’enregistrement est d’une assez bonne qualité, mais la voix de Phil Lips, intéressante et versatile, mériterait d’être mieux mise en évidence. Inspiré par le rock et le grunge des années 1990, le groupe rappelle inévitablement les Vilains Pingouins et autres groupes québécois de cette même décennie, et parfois même Gwenwed ou les Breastfeeders, en moins léché. Productifs, les gars ont déjà fait paraître, début 2008, deux autres chansons, résolument plus rock. À quand un album? (Julie Brunet)
Publié dans le journal Bang Bang de février 2008
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Silje Nes – Ames Room
FatCat Records / Splinter Series
www.myspace.com/siljenes

Silje Nes n’est pas un groupe, c’est une multi-instrumentiste et chanteuse norvégienne qui propose, sur son premier effort Ames Room, un amalgame de rock acoustique parfois folk, de sonorités électroniques et de divers bidouillages. À travers quatorze courtes pièces qu’elle a habilement enregistrées d’elle-même, Silje Nes nous ouvre la porte de son univers de petite fille, très minimaliste, où les paroles sont souvent mises de côté et où sa délicate voix sert parfois d’instrument. Ames Room est un agréable collage, quoique difficile à saisir, souvent inégal bien que répétitif. La démarche de la jeune artiste semble intéressante, mais le résultat, plutôt ordinaire, fait preuve de peu de mordant. Une trame sonore toute douce, qu’il faut écouter les jours de pluie. (Julie Brunet)
Publié dans le journal Bang Bang de février 2008
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Laura Barrett – Earth Sciences
Paper Bag Records
www.myspace.com/laurabarrett

Une conteuse qui s’accompagne d’une boîte à musique, c’est à cela que ressemble Earth Sciences, un mini-album de six chansons que nous propose la musicienne torontoise Laura Barrett, aussi membre des Hidden Cameras. Cette jeune pianiste de formation, à la voix incroyablement habile, joue en fait du kalimba, un piano à pouces africain. Cette sonorité peu commune peut toutefois ennuyer à la longue, puisque l’instrumentation dépouillée (kalimba et voix) est exactement la même du début à la fin de l’album, à l’exception de la dernière pièce, qui est un remixe de Joshua Van Tassel. Mais l’univers de Earth Sciences, teinté de science-fiction et de cynisme, paraît tellement singulier, un peu à la Final Fantasy, qu’il vaut la peine d’être découvert. (Julie Brunet)
Publié dans le journal Bang Bang de février 2008
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Born Ruffians – Red Yellow & Blue
Warp Records / Fusion 3
www.myspace.com/bornruffians
Born Ruffians, trio torontois qu’on a pu voir sur scène aux côtés de Caribou et de Hot Chip, et qui avoue craindre la «hype» comme la peste, nous présente Red Yellow & Blue. Produit par Rusty Santos (Animal Collective, Panda Bear), ce premier effort, touchant au punk folk, au punk, au rock et au country, rappelle vaguement les univers éclatés de Hefner, Flogging Molly ou de Violent Femmes. Sur Red Yellow & Blue, on entend des voix criardes et hystériques, des handclaps tout aussi frénétiques que les guitares et des chœurs qui frôlent le ridicule. Bien que le groupe ne réinvente rien et enfile les titres (qui se ressemblent) tels des cowboys hyperactifs, il semble bien s’amuser et le fait sans prétention. (Julie Brunet)
Publié dans le journal Bang Bang de février 2008
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The Old Soul – Gold
Grifter Music / Maple Music
www.theoldsoul.com

The Old Soul, c’est d’abord le multi-instrumentiste torontois Luca Maoloni, qui s’entoure d’une dizaine de musiciens sur son troisième album, duquel il est difficile de dire s’il s’agit d’une œuvre complexe ou d’un amoncellement de clichés. Proposant une pop psychédélique et orchestrale, très mélodique, Gold rappelle, de façon très inégale, Flaming Lips, ABBA, Animal Collective, et la Compagnie Créole. Autrement dit, du rock parfois western ou dansant, auquel se serait greffé du calypso, du clavecin, beaucoup de claviers et une tonne d’idées originales. Malgré son jeune âge, Maoloni a bien choisi son pseudonyme puisqu’il est influencé par The Mighty Sparrow, Steely Dan et même The Rutles. Il affirme que The Old Soul sonne comme The Old Soul. On ne lui fait pas dire. (Julie Brunet).
Publié dans le journal BangBang de décembre 2007
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