En écoutant mon programme hier, je me suis demandée: Et si notre belle scène musicale avait la même tribune que le hockey. Imaginez les possibilités. Je vois d’ici le panel présenté tous les soirs à 22h45. Moi, je t’échangerais ça, ce drummeur là; Moi, je te signerais jamais ça, ce p’tit gars là, vous voyez le genre. Au diable les critiques constructives, l’auto-promotion et le lichage. Tous les coups seraient permis. Je me vois, au milieu d’autres «experts», commenter les hauts et les bas du milieu, de façon plus ou moins pertinente et articulée, mais toujours avec passion.
Puis, j’ai soudainement déchanté. De un, jamais je ne serais assise là. Je ne suis pas assez «dedans», on préférerait les «officiels» ou les observateurs, du genre journalistes ou autre, aux musiciens (ou anciens musiciens) crottés et mal-articulés, ou bien on verrait toujours les 10 mêmes artistes qui n’ont rien à dire, comme c’est généralement le cas dans les médias. Du coup, ça perdrait pas mal de son intérêt, puisque ça reviendrait à un simple magazine culturel.
De deux, ce serait probablement téteux, et dieu sait que j’haïs ça, les téteux. Je pense que j’ai voulu faire un album quiTA YEULE. De trois, ça me donne de l’urticaire rien qu’à y penser, donc ce n’est pas une bonne idée. J’ai jamais dit que c’était une bonne idée, non plus.
Bof, je me sens un peu le moral bas. On dirait qu’à chaque chose que j’entends ou que je lis, j’ai juste envie de répondre: Ta yeule. Vous voyez le genre. En fait, c’est pas le moral qui est en cause. Et à bien y penser, c’est possiblement un de mes traits de caractère, donc tout baigne. Tout est normal. J’ai juste le mental fatigué.





Armée d’un «mini» album de vingt-cinq chansons intitulé 1001 Breakup Songs, d’une guitare électrique, de quelques percussions et de sa webcam, Milie Croche, de son vrai nom Émilie Péloquin, a piqué récemment la curiosité des mélomanes montréalais. Selon ses propres dires, c’est un peu par accident qu’elle a décidé de se lancer dans la composition : après l’achat d’une guitare et d’un mini-ampli usagés, Milie croche s’est mise à écrire des chansons il y a à peine un peu plus d’un an. Poussée par ses amis et par le succès de ses compositions sur sa page Myspace, la jeune auteur compositeur interprète, native de Sorel-Tracy et montréalaise d’adoption depuis une dizaine d’années, a déjà une trentaine de spectacles derrière la cravate. Elle propose un «folk-country/anti-folk croche» en anglais, très minimaliste et évidemment lo-fi, à la fois mignon et un brin cynique, assez auto-dérisoire, mais plutôt réconfortant, qui rappelle inévitablement les Feist, Julie Doiron et autres princesses folk un peu timides.








