Lueur d’espoir: un artiste qui condense son dossier de presse en une moitié de page, avec la feuille coupée en deux et tout. Prochaine étape: la moitié de page recto-verso, ensuite, qui sait, peut-être la fin des feuilles de présentation, puis des dossiers de presse, puis des albums. Peut-être l’effacement de la presse et éventuellement, de la musique. Ok, je suis saoule.
J’ai une critique à faire de l’album de Martha Wainwright. Bon, disons-le, j’ai pas grand chose à dire de constructif, à part cette shocking déclaration que jamais je ne pensais faire un jour: quand j’entends des artistes comme ça, je me dis qu’après tout, tout n’est pas perdu dans le merveilleux monde pervers de la musique, et que ça vaut peut-être la peine de garder espoir, et même de continuer. Ça, ça vaut foutrement la peine d’être écouté. Je sais, c’est sûrement une question de goûts, de disposition ou autre. Mais je sais pas trop, et je sais pas non plus si c’est une bonne chose, mais c’est rare que je pense ça. Évidemment.
Je me disais la même chose quand j’étais libraire au Archambault. Un genre d’effet pervers de travailler avec une abondance de livres. Tu lis et tu achètes beaucoup (avec full de rabais), en plus d’avoir les énergies et la volonté de vivre complètement anéanties, mais tu apprends très vite à flairer les affaires pourries, les illuminés du livre et les lecteurs du dimanche, et tu comprends aussi que de la marde, y’en a à la pelle. Sans pour autant pouvoir discerner la marde du reste avec certitude, il n’en demeure pas moins que ce fut une révélation intéressante. Aussi, on était plusieurs à s’épauler dans cette quête de la médiocrité/espoir. Vraisemblablement, un travail très formateur. Je regrette ces deux années, pour de vrai.
Oui (non), un livre, ça n’impose pas toujours le respect. J’imagine qu’un cd de plastique, ça fait la même chose (ou pas).
Je sais pas. C’est peut-être pas la bonne façon de voir les choses. Mais si vous pensez ça de moi, vous n’avez assurément pas la bonne façon de voir les choses, vous non plus.
Appelez ça avoir l’esprit étroit ou n’importe quoi. Moi, je suis d’avis qu’apprécier n’importe quoi, c’est aussi pire. Aimer n’importe quoi, c’est aussi pire que de filtrer ce qu’on aime, chose que je ne tente pas de faire non plus. D’un autre côté, je ne dis pratiquement jamais que quelque chose n’est pas super bon, poche ou autre (déprimant, ça, ça m’arrive…mais c’est pas nécessairement négatif, je peux être déprimée parce que je me sens anéantie ou une autre niaiserie du genre), en fait, je ne le pense même pas. Parce que je pense que si t’es pas capable de faire mieux, ta yeule. Faque…ta yeule souvent, non seulement ta yeule mais penses-y pas trop non plus. Ou alors, chapeau pour la confiance en soi et/ou le talent. Ça n’empêche pas qu’on n’a pas à se forcer pour apprécier. Je ne suis pas capable d’aimer ça, ça, par contre, c’est mon mantra.
Mais quand j’aime un jour, j’aime pour toujours. Après, qui sait ce que je deviendrai. Pis après… Pis finalement, j’écoute Martha Wainwright, cibole.
Sur ce, Marc-André, tu devras montrer ce que tu sais faire à part t’effouérer sur une carpette rouge. Le talent, c’est pas tout. Et je pense aussi que mon chum est supposé rapporter de la bière.